Cet écrit s’ouvre sur une frustration d’un enfant de 10 ans. Un enfant à qui on a subtilisé un moment de découverte inédit.

« Pourtant, j’avais payé les frais, suivi les consignes, acheté le matériel. Pourquoi le bus n’était pas là au matin de cette excursion périscolaire ? J’avais beau regarder au loin les différentes routes, ressasser les murs et balayer des yeux tout ce qui pouvait m’empêcher de voir le bus, je ne voyais rien de tel. Le bus qui devait nous conduire à l’exploration des roches n’était pas là. Tant pis pour ma curiosité. Je vais donc continuer à étudier des roches que je ne verrai jamais, des formules que je ne tâterai que du désir. »

L’enfant en classe de CM1 que j’étais ne comprendra jamais pourquoi cette excursion, à laquelle il tenait tant, n’eut jamais lieu.

L’éducation périscolaire désigne l’ensemble des activités éducatives et/ou ludiques qui complètent l’enseignement scolaire en dehors des cours classiques, tout en conservant un lien direct avec celui-ci. Ces activités peuvent s’articuler autour du sport, des arts ou des sciences et sont généralement conduites par des intervenants extérieurs, collaborateurs de l’éducation. Ces intervenants sont soit des professionnels indépendants, soit réunis au sein d’une association. Cette éducation périscolaire, au-delà de ses vertus pédagogiques et éducatives, pourrait être un élément régulateur des inégalités d’accès à une éducation de qualité entre les différents territoires.

Au-delà de l’éducation périscolaire, l’éducation dite non-formelle est de nos jours promue par les pays du nord car elle répond au mieux aux besoins de groupe. Appliquée à l’atteinte d’objectifs relatifs à l’intérêt général, elle est plus facile à mettre en œuvre. Ces objectifs qui sont partie intégrante des objectifs de développement durable (ancien Objectif du Millénaire pour le Développement) peuvent concerner l’éducation ainsi que d’autres activités : l’égalité des chances, la santé, l’écologie… tout ce qui est lié à la formation et la sensibilisation des groupes.

L’implémentation d’une culture d’éducation non-formelle implique une dynamique de plusieurs acteurs. Les premiers sont les associations qui doivent mettre en œuvre ces activités en mode projet, ce qui permet un suivi et une mesure de l’efficacité. La flexibilité des projets permet de conduire des programmes sur mesure, permettant d’impacter plus efficacement.

En Guinée, de tels projets balbutient et sont le fruit de certaines associations ou d’initiatives personnelles sans dynamique de réseau. La Guinée bénéficie également de l’appui des pays du nord et de ceux de la sous-région. Le Groupe de travail sur l’éducation non-formelle (GTENF) de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) est d’envergure continentale. Il a été constitué en 1996 à Dakar, avec la participation et le soutien des pays (à travers leur ministère de l’éducation et les agences d’aide au développement) suivants : Sénégal, Namibie, Lesotho, Zanzibar, Mauritanie, Gambie, Burkina Faso, Ghana, la Direction du Développement et de la Coopération ou DDC (Suisse), le Secrétariat du Commonwealth, l’UNESCO et le Club du Sahel. Le Groupe a été créé pour étudier la nature et l’impact de nombreuses formes d’éducation offertes hors du cadre scolaire, dont celles destinées aux adultes.

Ces initiatives intéressent de plus en plus les décideurs africains qui ont à relever les défis que pose une éducation de base de qualité pour tous. Il va sans dire que les acteurs nationaux et supranationaux ont un grand rôle à y jouer. Ils se doivent d’inclure ces projets dans les programmes de politique publique et leur assurer un financement adéquat. Ceci permettra à moindre coût et fort impact, d’augmenter le taux d’éducation, de santé, d’insertion et de forger la cohésion sociale… le tout pour un développement économique et social des populations.

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