Lors d’un récent échange avec un responsable d’association de quartier à Kindia, j’apprenais avec beaucoup d’étonnement de la bouche du président qu’il lisait des livres pour des lycéens.

Nous reviendrons sur cette histoire hallucinante dans un prochain article, avec un entretien d’Abdoulaye, qui est à l’origine de cette initiative.

Abdoulaye est enseignant en philosophie dans un lycée public de la ville des agrumes, comme l’on surnomme Kindia, une ville assez dynamique située à quelques 150km de la capitale Conakry.

Cet enseignant a créé son association pour faire du soutien scolaire dans son quartier, avec le souhait d’élargir son projet à d’autres quartiers de la ville s’il trouve les moyens financiers et humains nécessaires.

 

L’élément déclencheur

Il a reçu plusieurs fois des jeunes lycéens qui avaient des exposés à préparer, avec l’obligation de lire des livres (romans) sur lesquels portait le sujet de leur exposé. Ces jeunes se débrouillaient pour trouver les livres et venaient lui demander de leur en faire un résumé, moyennant quelques sommes d’argent. Il acceptait et lisait les livres puis leur en faisait un résumé oral. Les élèves prenaient des notes ou l’enregistraient et partaient répéter mot à mot ce que leur avait dit Abdoulaye lors de leur exposé.

C’est ainsi que cet enseignant se trouva avec plus de trente (30) romans lus et résumés au cours d’une année scolaire pour environ une centaine d’écoliers.

Prenant conscience du danger qui guette ces écoliers il décida de créer une association pour aider les plus petits à l’apprentissage effectif de la lecture et de l’écriture.

Il constate que l’école élémentaire n’assure plus cette obligation pour la très grande majorité des enfants, en surnombre dans les salles de classe, avec des enseignants souvent dépassés et démotivés. En conséquence de quoi il y a encore beaucoup de jeunes au collège et au lycée, voire même à l’université, qui ne savent ni lire, ni écrire et qui n’ont aucun goût pour l’apprentissage. Abdoulaye constate qu’il y a de plus en plus d’élèves qui ne maîtrisent pas les bases de la langue d’enseignement (le français).

« On est parfois sans perspective pour eux et pour la nation qu’ils auront la charge de gérer, il faut qu’on fasse quelque chose… »

C’est poussé par cette expérience à peine croyable qu’il a créé l’association SYMPA et a motivé certains jeunes du quartier pour aider les tout-petits à apprendre à lire, écrire et calculer.

L’enseignement privé a un niveau encore plus médiocre que le public

Il constate également qu’il y a une petite différence de niveau avec les enfants qui vont dans certaines écoles privées. Il attire surtout l’attention sur le niveau catastrophique de certaines écoles privées qui encaissent les mensualités et ne délivrent pas une formation adéquate aux enfants.

Ce jeune enseignant conscient et engagé pour l’intérêt commun a vu beaucoup de jeunes du quartier partir pour la traversée du Sahara et de la Méditerranée et a également vu beaucoup de familles pleurer leurs enfants morts sur ce chemin. Il appelle aujourd’hui toutes les bonnes volontés à venir en aide à sa structure pour avoir un plus grand impact positif sur les enfants de son quartier. Ainsi, il a signé un partenariat avec notre association et nous faisons de notre mieux pour lui faire parvenir notre soutien.

 

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